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Documentation
- Archives diverses |
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Des personnes de coeur ressentent le besoin de s'adresser à notre Eglise, afin de lui réclamer plus "d'humanité" et de "charité chrétienne" pour nos frères de Création |
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Appel de Alika Lindbergh aux Eglises :
Ayez pitié des animaux !
(paru dans le journal n° 57 de la
Fondation Franz Weber) |
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« Toutes les choses vivantes dépendent les unes des autres, comme liées par le sang qui unit une même famille. Toutes les choses partagent le même souffle : la bête, l´arbre et l´homme, ils partagent le même souffle… Et que serait l´homme sans les animaux ? Si toutes les bêtes disparaissaient de cette terre, l´homme mourrait d´une grande solitude de l´âme. » C´était en 1854 dans un discours devenu célèbre : Le chef Indien Seatle (dont les blancs disaient qu´il avait « une langue de vipère ») nous délivrait un message imprégné de la Sagesse d´une grande nation indienne, et de son esprit religieux panthéiste. Quant à l´Ecclésiaste, (n´en déplaise aux gens qui nient que les animaux ont une âme et sont toues des êtres sensibles) voici ce qu´il dit, qui rejoint d´une manière bouleversante les propos de Seatle : « … J´ai pensé en mon cœur sur l´état des hommes, que Dieu leur fera connaître, et qu´ils verront que les hommes ne sont que des animaux comme les autres… Car l´accident qui arrive aux hommes et celui qui arrive aux bêtes est un même accident : telle qu´est la mort de l´un, telle est la mort de l´autre, et ils ont tous le même souffle, et la supériorité de l´homme sur l´animal est nulle. » (L´Ecclésiaste – III – 19.20). Ainsi la voix d´un Initié chrétien peut rejoindre celle d´un grand Amérindien animiste – Nous n´en avions jamais douté, car les âmes nobles partagent la même compassion pour tout être vivant, et leur Dieu – un Dieu d´Amour, un Dieu d´Harmonie, - est le même : le Père de toute vie, du crapaud à la baleine, du bouquetin à l´homme, du serpent à l´araignée ou au brin d´herbe.
Hélas les Eglises – toutes les Eglises, qu´elles soient chrétiennes, musulmanes, ou juives, sont des organisations humaines – trop humaines – et qui conçoivent un Dieu dont la compassion discriminatoire est calquée sur la leur, et ramenée à leur mesure, mesquine et arrogante. Depuis des siècles, hormis les croyances animistes et panthéistes résiduelles (et devenues ainsi de nos jours aussi « minoritaires » que les ethnies où elles sont encore respectées), hormis, bien sûr, le bouddhisme (mais qui est plutôt une philosophie qu´une religion proprement dite) les grandes religion qui imprègnent nos civilisations n´ont que mépris pour l´animal et indifférence devant ses souffrances. Loin de s´améliorer, leur concept commun de l´homme, prétendu seul enfant de Dieu, et seul respectable, n´a fait que se durcir, et sombre dans divers abîmes d´intégrisme obtus – dont on ne s´avise pas assez à quel point ils sont dangereux pour l´avenir de la vie sur terre. Le résultat désastreux de ce durcissement (le nouveau catéchisme dont nous avons commenté des passages dans notre n° 37 – juillet, août ,septembre 1996, en est un bel exemple), c´est que les adeptes des trois grandes religions judéo-chrétiennes continuent – en parfaite bonne conscience, de laisser maltraiter, torturer, et tuer des animaux avec la bénédiction de leur Eglise. Il y a, certes, des exceptions – il y en a toujours eu : de rares prêtres catholiques prennent épisodiquement (et souvent timidement) la défense des animaux… mais d´autres sont autorisés par le pape à toréer ! Monseigneur Boubaker, recteur de la grande Mosquée de Paris, a milité en faveur des animaux et s´est associé aux efforts des grandes organisations de protection animale… mais des musulmans nombreux continuent à égorger des moutons dans leur arrière-cour. Comme s0ouvent – hélas – l´humanité ne vaut guère que par ses exceptions…
N´oublions pas que longtemps, l´Eglise fut l´ennemie de la médecine dont elle combattit au long des siècles chaque progrès (en particulier ceux qui visaient à combattre la douleur), que toutes les Eglises bénirent toujours les armées, mêmes pourvues d´armes diaboliques, et ne se prononcèrent jamais imprudemment contre les guerres et les atrocités commises par leurs adeptes. Enfin – même si ce n´est qu´un détail significatif – chrétiens et musulmans traitèrent longtemps les femmes comme des créatures inférieures, voire dépourvues d´âme… Il en est toujours ainsi pour les animaux, nos frères, dont l´observation m´a appris, pourtant, au long de toute une vie consacrée à leur étude et à leur défense, qu´ils ont, eux, la conscience de ce que peut être cette « âme » qu´on leur dénie absurdement. On peut discuter, en effet, à perte de vue, sur l´existence de l´âme comme sur le sexe des anges… mais si l´on tombe d´accord pour nommer ainsi cette chose si indéfinissable et si réelle à la fois, alors, les animaux ont une « âme », tout comme nous. Pourquoi, parmi tous les autres mammifères, dont l´étroite parenté avec nous est un fait scientifiquement indiscutable, l´homo sapiens serait-il le seul doté d´une âme ? Pour ceux qui étudient le comportement des animaux et la subtilité de leurs émotions, la question en elle-même est choquante. Pour ma part, je conseillerais aux princes de toutes les Eglises d´avoir un chien ou un chat : ils auraient beaucoup à apprendre, sur l´Amour, sur l´altruisme. Récemment, j´accompagnais l´agonie d´un vieil ami, et, tenant sa main, j´écoutais son souffle s´affaiblir, tandis que sa chienne lui léchait doucement l´autre main. Lorsqu´il rendit le dernier soupir, la chienne qui le veillait depuis des heures, s´éloigna simplement. Et je me suis soudain rappelée que j´avais observé souvent de tels comportements chez des singes qui veillaient un des leurs en train de mourir… Ils étaient tristes, certes, comme la petite chienne, car ils avaient conscience que leur ami était parti… mais ce qui en restait, la dépouille, ce n´était plus leur ami. Les animaux ont le sens de la mort. – Et ils ont une perception exacte de ce qui habite un être vivant… puis le quitte : l´âme. On a beaucoup critiqué le silence du Vatican lors des abominables déportations et exterminations des juifs et des tziganes par les nazis, si bien que récemment l´Eglise a demandé pardon pour sa coupable réserve durant la deuxième guerre mondiale. Forte de cette cuisante leçon d´Histoire, ne serait-il pas temps, pour ces mêmes autorités morales et spirituelles, de rompre au nom du Bien un autre inacceptable silence ? Ne serait-ce pas enfin le moment de désapprouver les innombrables cruautés infligées aux animaux, comme, (entre autres) les horribles transports des animaux dits « de consommation » et leurs trop souvent abominables mises à mort ! Ne serait-il pas grand temps qu´à la lumière des découvertes de l´éthologie sur les comportements des animaux et leurs implications troublantes, les Eglises reconnaissent , (comme elles ont dû le faire pour les femmes autrefois !) que les animaux sont, tout autant que nous, enfants de Dieu, et méritent le respect dû à toute vie ? Je connais, pour ma part beaucoup de croyants, à l´esprit élevé, médecins, savants, artistes ou mystiques, qui sont outrés par la persistante indifférence à la souffrance animale de ceux qui devraient êtres des guides spirituels, des êtres de compassion, des exemples d´altruisme, sans frontières de religion, de caste, de race ni d´espèce. Car Dieu, si l´on donne ce nom à ce vaste concept, est forcément le père de toute vie, de toute créature quelle qu´en soit la forme. Et la bassesse de conceptions qui font de toutes les autres espèces vivantes, des objets sans âmes au service d´une seule, démontre largement que de telles idées sont nées d´esprits obtus qui s´imaginent que Dieu est cruel à leur image. Ceux qui aiment les animaux et les plantes comme des frères qui partagent avec nous le souffle miraculeux de la Vie se font de Dieu une idée plus haute, et le voient bien au-dessus de l´Homo sapiens exterminateur. Messieurs les Princes de toutes les Eglises, ayez pitié de tant d´êtres qui, au regard d´un Dieu de bonté, d´un Dieu de Justice, ne nous sont, en rien « inférieurs ». Ils sont nos frères, ils ont besoin de nous, ils ont besoin de vous, et du pouvoir moral que vous représentez. Ayez enfin du respect et de la compassion pour eux, que Dieu, n´en doutez pas, a créés avec amour. Aidez-les, car leur Dieu est le même que le nôtre.
Alika Lindbergh
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