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Lettre Ouverte aux Evêques de France
(adressée le 6 août 2003
par le MOUVEMENT CHRETIEN POUR L'ECOLOGIE ET LA PROTECTION
ANIMALE (MCEPA) - B.P.4 - 69530 ORLIENAS - France
- tel / fax: 04 72 31 19 56 - mcepa@wanadoo.fr)
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Monseigneur,
Peut-être trouverez vous, en cette période de vacances, quelques instants pour vous pencher sur un problème qui, probablement, ne fait pas partie de vos préoccupations habituelles… et qui, pourtant, est d’une importance primordiale pour notre planète: il s’agit, ni plus ni moins, de sa survie !
Depuis le temps que des scientifiques réputés lancent des avertissements, tout le monde devrait savoir combien la situation est
critique… cependant, cela ne semble pas émouvoir beaucoup les responsables de l’Eglise. Le trou d’ozone, l’effet de serre, le réchauffement du climat et la sécheresse qui en résultent, la déforestation, la désertification, la pollution de l’air, de l’eau, de la terre, le pillage insensé des ressources naturelles, la disparition de nombreuses espèces animales et végétales… Toutes ces catastrophes ont pour cause le comportement irresponsable, voire criminel, de l’HOMME et ne peuvent vous laisser indifférent puisqu’elles portent gravement atteinte à la CREATION. Il n’y a plus aucun respect pour l’oeuvre de Dieu - ni pour ses créatures, et cela est d’une extrême gravité. Devant cette situation épouvantable, que fait l’Eglise ?
Quand donc l’Eglise sortira de son silence, de sa
prudence légendaire pour responsabiliser chaque homme, et les Chrétiens en
premier ? Les Chrétiens doivent se placer au premier rang des écologistes, des protecteurs de la nature et des animaux, sans aucune connotation politique.
L’Eglise se doit de servir de guide des consciences dans ce formidable challenge pour la survie de la planète, des hommes comme des animaux, car tout est lié.
Gardez vous, Monseigneur, de penser que nous exagérons: des savants très croyants comme Jean Marie PELT (célèbre biologiste) vous le confirmeront. Une affiche diffusée actuellement par Nicolas HULOT est très parlante, même si elle choque certains (le lait maternel pollué) : elle est basée sur des observations très alarmantes. Si les hommes ne changent pas radicalement leurs mentalités et leurs comportements, nous allons droit dans le précipice,
tous, les hommes comme les animaux… il n’y aura pas de
miracle !
Les responsables de l’Eglise ne sont pas préparés à ce genre de problème, il leur manque sans doute (le plus souvent) les bases scientifiques pour appréhender totalement les problèmes,… mais ils devraient se faire conseiller, et ils ne prennent peut être pas le temps de s’informer auprès des personnes compétentes - n’étant pas, par leur formation, portés à s’intéresser à ces questions. Nous leur lançons ce
cri : leur responsabilité est grande ! Il faut d’urgence qu’ils s’informent et qu’ils réagissent…
il n’est pas trop tard ! Nous pouvons, bien entendu, fournir des informations complémentaires.
Notre appel solennel vient après une longue période d’attente patiente - car nous savons que dans l’Eglise tout demande
beaucoup de temps...
Lors du Rassemblement Oecuménique Européen de Bâle (ROEB), en
1989, la Sauvegarde de la Création était l’un des grands thèmes. Nous y étions, nous mêmes,
membres de la délégation de l’Eglise Catholique – et, à l’époque, les résolutions prises à Bâle nous avaient remplis d’espoir : enfin, l’Eglise allait s’engager dans la bonne voie ! Hélas, depuis, nous n’avons observé aucune mise en pratique des résolutions prises…
Par la suite, il y a dix ans, a été publié le
Nouveau Catéchisme de l’Eglise catholique.
S’il n’est pas pleinement satisfaisant, il contient néanmoins (§2415 à
2418) des principes très importants à faire connaître aux fidèles et concernant le
respect dû aux animaux, créatures de Dieu comme nous. Le §2418 stipule, en particulier,
qu’il est contraire à la dignité humaine de faire souffrir inutilement les animaux et de gaspiller leurs
vies. Il ne semble pas que les évêques aient fait beaucoup d’efforts pour diffuser ces principes «gênants» dans les diocèses, notamment dans le Sud-Ouest. En effet, ces principes condamnent, sans discussion possible, la CORRIDA, torture à mort pour l’amusement ! La corrida est un crime sans aucune justification possible et l’Eglise se doit de le dire, avec force et courage - or, l’Eglise se tait, sans doute pour ne pas perdre quelques milliers de catholiques aficionados ! C’est une politique que nous ne pouvons que dénoncer. Politique qui provoque, d’ailleurs, le départ de nombreux fidèles…
De même, le Nouveau Catéchisme condamne, comment le contester, la
chasse-loisir (on tue pour le plaisir) et la quasi-totalité de
l’expérimentation animale. Il condamne les élevages en batterie et les transports cruels et bien d’autres activités où l’on ne respecte pas l’animal et où, pour augmenter le profit, on le traite comme une
chose. L’Eglise ne semble pas pressée de faire respecter ce Catéchisme. A-t-on jamais vu un prêtre expliquer aux chasseurs, aux expérimentateurs, aux éleveurs, aux transporteurs...
qu’ils doivent traiter les animaux avec respect, sans cruauté? Aurait-on peur de déranger trop de gens? que devient l’éthique chrétienne?
Il y a deux ans, la Conférence Oecuménique de Strasbourg (avril 2001) a encore insisté sur l’urgence de sauvegarder la création, dans la
Charte Oecuménique (§9) signée par le représentant de l’Eglise catholique – vous voudrez bien consulter le texte ci joint.
En particulier, cette Charte recommande d’instituer une journée
œcuménique de prière pour la sauvegarde de la création. Elle permettrait, au moins, une prise de conscience chez les Chrétiens, qu’ils soient laïcs ou évêques ! Nous nous permettons de vous suggérer le choix de la
Fête de St François d’Assise pour cette journée de prière.
Cette Charte recommande également que l’Eglise soutienne les
réseaux oecuméniques qui se consacrent à la sauvegarde de la création…
or, précisément, nous en faisons partie!* Jusqu’à présent, nous n’avons pas vu la concrétisation de ces excellentes recommandations. Nous avons bien été soutenus, dans le passé, par Mgr. Brand, par le Cardinal Decourtray, tout comme par des responsables de l’Eglise protestante, mais
- actuellemen t- le soutien de l’Eglise nous fait totalement défaut. Bien que nous ayons essayé, à diverses reprises, d’établir le dialogue avec certains de nos évêques, nous sommes
seuls à nous battre dans ce formidable défi, ce qui paraît dérisoire et incompréhensible à la fois.
Nous attendons votre appui personnel pour donner plus de poids au MCEPA.
Nous espérons que vous saurez entendre notre appel, que vous prendrez la mesure du problème… et que vous voudrez bien suivre notre suggestion de choisir la fête de Saint François d’Assise pour la journée de prière œcuménique. Le Pape Jean Paul II n’a-t-il pas nommé François d’Assise «Saint Patron des écologistes»? (Qui s’en souvient?)
Dans l’attente de vous lire, nous vous prions de croire, Monseigneur, en nos sentiments respectueux et dévoués.
Charles Walther,
Président-Fondateur du MCEPA
«L’engagement du croyant pour un environnement sain découle de la foi en Dieu créateur… La protection animale est une éthique chrétienne…»
(Jean Paul II)
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* Le MCEPA, créé en 1989 dans la dynamique du ROEB, est l’une
des très rares associations de défense de la nature et des
animaux se référant explicitement à la doctrine chrétienne, dans un esprit œcuménique .
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